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deux femmmes détourées en nour et blanc sur un fond orange, Isabelle & Lena, podcast Les ExtraOrdinaires, épisode sur l'écologie
©  Empow’Her

Cette semaine dans la newsletter de Culot

Pour la sortie du premier podcast d’Empow’Her réalisé en partenariat avec Culot, retrouve un des épisodes retranscrit ici ! Tu vas lire une rencontre entre deux militantes, de deux générations différentes, qui parlent d’écoféminisme.
A écouter sans modération, tous les épisodes sont ici !

L'écoféminisme à travers les générations

Dans une pièce au parquet en bois, au cœur de la Cité Fertile à Pantin, se tiennent deux femmes. D’un côté, Lena, 18 ans, membre de “Youth for Climate”, un mouvement de jeunes qui se mobilisent depuis 2019 pour l’écologie, la justice climatique et sociale. De l’autre, Isabelle Delannoy, 49 ans, activiste écologique depuis trente ans. Dans le cadre du podcast “Les ExtraOrdinaires” une co-production Empow’Her et Culot Creative, ces deux militantes, de deux générations différentes, se rencontrent pour la première fois et échangent pendant près d’une heure sur leurs visions de l’écologie et de l’écoféminisme, guidées par les questions que nous leur avons glissées. Une rencontre enregistrée par Marie-Alix Détrie et Julia Sirieix pendant le festival Empow’Her, en septembre 2021. Si tu préfères la version audio de cet échange, c’est juste là 😉

Le 20.11.2021

Quand et comment avez-vous développé cette conscience de l’écologie ? Et votre militantisme ?

Isabelle : Je me suis rendue compte assez récemment, il y a peut-être cinq ans, que ça m’était venu pendant l’enfance. J’avais quatre ans, on était dans le salon, mon père a lâché la phrase de René Dumont (Ndlr : agronome français mort en 2001) : « L’eau sera l’or bleu du XXIème siècle ». Évidemment je ne comprenais pas ce que ça voulait dire. Je lui ai demandé de préciser, il m’a dit « ça veut dire qu’elle sera aussi chère que le pétrole ». On était en 1976, en pleine crise pétrolière, on faisait attention à l’essence donc je savais ce qu’était le pétrole. Je vivais à ce moment-là au bord d’un canal, je ne comprenais pas comment on pouvait comparer cette eau avec ce qu’on mettait dans la voiture. J’ai donc pris conscience que ce que j’avais tout autour de moi risquait d’être complètement différent demain.

Lena : De mon côté, je ne me suis jamais dit « J’ai envie de militer pour l’écologie », ça m’est juste venu comme ça. Dans ma famille on m’a toujours expliqué que l’écologie était importante. Mes parents font vraiment attention à leur manière de consommer, de vivre, … Quand on entendait parler à la radio de « crise écologique », iels m’expliquaient et répondaient à toutes mes questions. Quand j’étais en première, les marches sur le climat ont commencé, menées par Greta Thunberg (Ndlr : activiste suédoise). Des marches étaient organisées dans ma ville, c’est à peu près à ce moment que je suis entrée à Youth for Climate. Au fur et à mesure, je me suis davantage investie. Maintenant, ça fait partie de mon quotidien.

Comment faire prendre conscience aux citoyen·ne·s et aux gouvernements de l’urgence d’agir pour l’écologie et le climat ?

Lena : Les gouvernements sont déjà au courant des crises qui sont en cours.  Pour moi ce ne sont pas vraiment eux qu’on doit convaincre. Tous les membres du gouvernement ont lu les rapports du GIEC (Ndlr : rapports sur les changements climatiques). On a l’impression que leurs intérêts sont ailleurs, qu’on n’est pas écouté·e·s. A partir de là, je me sens impuissante face à elleux.

Par contre, chez Youth, on essaye de sensibiliser les citoyen·ne·s dès le plus jeune âge. Des militantes vont notamment dans les lycées pour expliquer et informer sur le climat. Je pense que cette sensibilisation peut aussi passer par la culture : par des livres, ou des films sur la crise écologique, … Mais pour être efficace, cette prise de conscience doit être globale.

Par moments, ça me paraît impossible et ça peut sembler désespérant. C’est tellement dur d’imaginer qu’on n’aura pas, dans l’avenir, le quotidien qu’ont eu nos parents, que beaucoup de choses nous deviendront impossibles. Si on ne prend pas conscience des conséquences de la crise écologique, on va continuer d’agir de la même manière. Je trouve important de continuer à partager les prévisions pour la planète. Si on sait que dans X années, notre maison va être sous l’eau, ça devient plus concret.

« J’ai vraiment le sentiment que le féminisme, c’est ce que je dois faire aujourd’hui, car c’est l’oppression que je subis au quotidien, et l’écologie celle que je subis sur le long terme. »

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