Théorie de l’attachement avec Gwenaëlle Persiaux

une psychologue spécialiste de lattachement

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Hello, c’est Malix. Je suis tombé.e sur la théorie de l’attachement il y a un peu plus de deux ans. Ça m’a tellement passionné.e que je me suis dit que ce sujet méritait d’être bien plus connu du grand public. Rencontre avec Gwenaëlle Persiaux, psychologue spécialiste de l’attachement.

De la blessure d'attachement à la guérison, avec Gwenaëlle Persiaux

Toujours les mêmes schémas. Iel s’approche un peu trop de vous et vous fuyez. Ou alors, iel manque de répondre à l’un de vos textos et vous imaginez qu’iel va vous quitter. Pas de panique ni de fatalité : peut-être avez-vous simplement un style d’attachement dit « insécure », qu’il soit « évitant », « anxieux » ou « désorganisé ». Gwenaëlle Persiaux est psychologue clinicienne depuis 2011, également psychothérapeute et formatrice, spécialisée sur la théorie de l’attachement. Elle est autrice du livre “Guérir des blessures d’attachement”, publié aux éditions Eyrolles en 2021. Entretien. 

Par Marie-Alix Détrie, le 2.7.2022

La base de la théorie de l’attachement, c’est que l’on part du principe que la connexion à l’autre est un besoin primaire, au même titre que de boire ou manger. C’est bien cela ?

Oui, ce sujet concerne absolument tout le monde. N’en déplaise aux « évitant.e.s », on ne peut pas ne pas s’attacher. De la même manière qu’on est fait.e.s pour aimer, éprouver de la joie ou de la colère, on est cablé.e.s pour être attaché.e.s aux autres. John Bowlby [ndlr : psychologue qui a créé cette théorie dans les années 1960] parle de l’attachement « du berceau jusqu’à la tombe ». Dès la naissance, on s’attache à la personne la plus importante, car c’est d’elle dont dépend notre survie. Si on bascule du 4e âge, on est dans une situation très vulnérable, on a besoin que quelqu’un.e s’occupe de nous. Entre les deux, entre « l’entrée » et la « sortie » de la vie, dirons-nous, on a tou.te.s besoin d’une personne qui va nous aider à réguler notre stress, nous soutenir, nous encourager. Dans le couple, le.la conjoint.e devient donc souvent notre figure d’attachement principale. C’est vers lui ou elle que l’on se tourne lorsque l’on a passé une mauvaise journée par exemple. C’est aussi la personne qui va dire « tu es capable, fonce ! » quand tu doutes. Ce sont les deux facettes de l’attachement. Il y a l’aspect “réconfort”, et l’aspect « vas-y, je crois en toi ! », qui nous pousse à explorer le monde, à le découvrir.

L’attachement est-il seulement présent chez les humains ? 

L’attachement vient de notre nature animale. Les premières recherches sur l’attachement ont commencé avec des animaux. Chez les bébés canards, en sortant de leur coquille, la première personne là autour d’eux va être la plus importante pendant les premiers mois. C’est ce qu’on appelle « l’empreinte ». Pour nous, c’est pareil. Ce sont des « nourritures affectives ». En ce qui concerne les chiffres, on compte environ 50% d’attachements sécure et 50% d’attachements insécures. En soixante-dix ans de recherche, on retrouve ces mêmes chiffres à travers le monde entier, peu importe le continent et le pays. Ça montre que ça n’est pas culturel !

Pour aller plus loin

  • Guérir des blessures d’attachement – Gwenaelle Persiaux

  • Coupé des autres, coupé de soi – Gwenaelle Persiaux

  • Les nourritures affectives – Boris Cyrulnik

  • L’intégralité de cette interview est à retrouver sur Instagram : partie 1 et partie 2

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