Sandra : le polyamour

* En temps de confinement, les photos sont exceptionnellement prises à distance

 

Sandra (elle), fondatrice du compte @hablemosdepoliamor : “En février, on célébrait nos trois ans de relation avec une de mes partenaires. On était chez elle. Elle vit avec son petit ami, il était là aussi. En arrivant j’avais la sensation d’être au restaurant avec elle. Il nous servait du vin, nous avait préparé le repas, nous faisait rire, nous demandait : “est-ce que tout va bien?” Il faisait partie de notre célébration, mais comprenait et respectait le fait que c’était notre histoire, à elle et moi. Il n’espérait pas de plan à trois, c’était vraiment respectueux et désintéressé. Il nous a préparé le lit dans lequel j’ai dormi avec ma partenaire, et lui dormait dans une autre chambre. Il a contribué à rendre ce jour spécial, sans interférer. J’aime beaucoup, la compersion, le fait d’aimer partager, c’est vraiment un sentiment incroyable. Ce moment était beau, pour elle, pour lui, pour moi. •

Je vis seule et régulièrement je fais des skypes avec elle, avec eux. Je skype aussi avec mes autres partenaires. Enfin “partenaire”… C’est un mot que j’utilise pour que les gens comprennent, mais qui ne veut pas dire grand chose à mes yeux. Comment nommer une relation amoureuse dans laquelle je n’ai pas de rapport sexuel ? Ou des amis, avec qui j’ai des relations sexuelles ? Quand tu dors avec une personne pour qui tu as beaucoup de tendresse, que tu touches beaucoup l’autre mais que tu n’as pas de relation sexuelle avec elle, comment définir cette relation? •

Je ne me considère pas forcément polyamoureuse, plutôt anarchiste de l’amour. D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie non-monogame. Plus jeune, j’ai eu une relation monogame mais même à ce moment là, je ne comprenais pas la sexualité avec une seule et même personne. J’ai toujours pensé : “c‘est quoi mon problème ?” Ca m’a pris du temps de m’accepter telle que je suis. C’est arrivé assez récemment, en me rapprochant du féminisme et des études sur le genre. Je raconte cette anecdote comme j’aurais pu en raconter une autre. Mais celle-ci, oui, je m’en rappelle avec beaucoup d’amour. Y repenser me fait me sentir très chanceuse.”

🖊 @malix__d

📸 par @solene.milcent pour son projet @lou.labelleamie

 

 

Étiquettes: