Lily* : Le temps du confinement pour s’explorer

* En temps de confinement, les photos sont exceptionnellement prises à distance

“Avec le confinement j’ai commencé à me poser des questions sur ma sexualité, mon désir, mon plaisir. Je n’avais jamais pris le temps avant parce qu’il y avait toujours d’autres priorités et que la sexualité, c’était à deux ou à plusieurs, pas seule. Je me suis rendu compte que j’étais déconnectée de ma sexualité. Et que je ne connaissais pas bien mon corps. •

Étant homosexuelle, je pensais échapper à la pression dont on entend beaucoup parler dans la sexualité hétéro. Mais j’ai réalisé que je ressentais de la culpabilité dans ma vie sexuelle. Je pensais ne pas aimer la pénétration et que ce n’était pas normal. Je pensais ne pas jouir assez vite ou fort. Ca m’empêchait de vivre ma sexualité librement, ça limitait mon plaisir. A plusieurs, j’avais déjà joui, mais jamais eu d’orgasme. J’avais fait quelques expériences de masturbation, brèves, pas intenses. J’abandonnais très vite, parce que je me disais “de toutes façons tu ne vas pas y arriver assez vite. Et tu travailles à 6h demain, tu vas être fatiguée au boulot. C’est inutile”. •

Là, j’ai beaucoup de temps libre pour apprendre à me connaître. C’est un peu frustrant et laborieux par moments. C’est long de se détacher de cette complexité. Mais, je fais en sorte de prendre ce temps. Celui de faire les choses bien, de m’explorer. Sans la pression du temps, ou celle d’être deux. Je me redécouvre. Et tout évolue. Si je me détends, si j’adapte mon rythme à ce que me dit mon corps, ça marche. J’y passe vraiment des heures, la dernière fois, je me suis explorée trois heures avant de jouir ! Je me concentre sur quel mouvement j’aime, je remarque que si je me touche d’une certaine manière je ne ressens rien, mais à d’autres endroits, si. Je joue avec les intensités. Parfois je mets plus de pression, parfois je me frôle simplement le gland du clitoris. Je m’aperçois que j’aime la pénétration quand je me mets en condition. Mes orgasmes gagnent en intensité. En fait, je suis normale, même si je mets plus de temps que certaines personnes à jouir. Ce confinement, c’est un peu un cadeau à moi même, celui de me faire plaisir.”

🖊 @malix__d

📸 par @solene.milcent pour son projet @lou.labelleamie

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