Le post-partum, avec Illana Weizman

Illana Weizman, 36 ans, est Doctorante en sociologie et en communication, elle est aussi militante féministe et autrice de l’essai “Ceci est notre post-partum” aux éditions Marabout.

Illana Weizman fait l’expérience de la maternité il y a 3 ans, en accouchant d’un petit garçon. Elle découvre alors que le post-partum, la période de l’après-naissance (qui dure de quelques mois à plusieurs années selon les praticien.ne.s de santé) est bien plus bouleversantes physiquement et psychiquement que ce qu’elle pensait. Et pour cause: “Je n’en pensais rien, car personne ne m’en avait rien dit”. Dans les mois qui précèdent son accouchement, personne, à aucun moment de son parcours santé, ne va lui raconter cet “après”. Ni parmi le personnel médical qui la suit, pas plus que ses proches, amies ou membres de la famille, ayant déjà fait l’expérience de devenir mère.

Pourtant les symptômes physiques possibles du post-partum sont pour le moins éreintants et difficiles : en plus d’un corps “convalescent”, les jeunes mères peuvent vivre montées de lait, inconfort périnéal, incontinence urinaire, douleurs liées à une épisiotomie, fatigue extrême, maux de dos, mais aussi hémorroïdes, saignements ou encore “tranchées”, ces contractions utérines douloureuses qui permettent à l’utérus de retrouver sa taille et place initiale.

A cela peuvent s’ajouter des symptômes psychologiques, allant du blues, en passant par le stress post-traumatique lié à l’accouchement (qui touche entre 2,8 et 5,6% des accouchées)et pouvant aller jusqu’à la dépression post-partum (qui touche entre 10 et 20% des femmes). Illana Weizman lance un hashtag il y a un peu plus d’un an avec 3 consœurs militantes #MonPostPartum qui permet à des milliers de femmes de libérer cette parole encore tabou et de raconter leur post-partum.

Ce livre, véritable guide sur les réalités potentielles du post-partum était pour son autrice la suite logique de cette libération. Pour que les femmes souhaitant être mères aient toutes les clés en main avant de faire ce choix. Car comme le rappelle Illana Weizman dans notre interview, “Le savoir, c’est le pouvoir”.

Interview et montage : Jessica Martinez

 

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