Laurie : “Si on parlait davantage de l’herpès, le taux de transmission serait plus bas”

Solene Milcent pout Culot

“J’ai probablement été contaminée en janvier 2017 par mon premier petit copain qui avait de l’herpès labiale. On pense que ça se transmet par la pénétration, alors que c’est aussi le cas avec le sexe oral ou avec les doigts. On ne sait pas non plus que c’est pour la vie…

Ma première crise d’herpès a eu lieu en mars 2017. Je suis allée voir un médecin qui m’a observé trois ou quatre secondes avant de me dire que j’avais le virus HSV-2 de l’herpès génital, sur un ton complètement désinvolte. On a pris des cultures vaginales, mais je n’ai jamais eu les résultats (une spécificité du système de santé québécois). Ensuite, je suis allée voir mon médecin de famille pour avoir un deuxième avis : elle a infirmé le diagnostic.

La première crise a durée environ 14 jours. Et contrairement à ce qu’on pense, ça fait très mal. On éprouve des douleurs épouvantables, des difficultés à s’asseoir. J’étais constamment fatiguée à cause des médicaments, je dormais de près de 16 heures par jour.

Pendant trois ans, j’ai été dans l’ignorance totale de mon diagnostic, j’aurai pu le transmettre à mes partenaires sans le savoir… D’autant plus que je n’ai fait aucune autre crise, normalement ça peut arriver jusqu’à six fois par année. J’ai essayé de me convaincre que je ne l’avais pas, parce que la société en renvoie une image vraiment humiliante. Et j’ai évité le sujet avec mon copain, parce que je pensais qu’il m’avait trompée comme il était mon premier et mon seul partenaire sexuel à l’époque.

Au début du confinement, j’ai fait ma première crise en trois ans. J’ai enfin su que j’étais bien contaminée par l’herpès. J’en ai tout de suite parlé à la personne que je fréquente. Il a accepté le diagnostic. C’était important pour moi d’être celle qui lui expliquait, car sur internet, les informations sont souvent fausses et anxiogènes. Ça peut arriver à n’importe qui, et pas forcément parce qu’on a été irresponsable. Entre 20 % et 30 % de la population est porteuse du virus de l’herpès génital. Si on en parlait davantage,
le taux de transmission serait sûrement plus bas.

Étiquettes: