Droit à l’avortement menacé aux USA : la dystopie rattrape la réalité

La cour supreme aux Etats Unis

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Un samedi sur deux, on t’emmène à la rencontre d’une nouvelle thématique liée au combat féministe. Cette fois-ci, non seulement on t’écrit un vendredi. Mais en plus, on a changé de sujet en cours de route, au vu de l’urgence de l’actualité. Jessica Martinez prend la plume pour rebondir sur le droit à l’avortement menacé aux USA.

Droit à l'avortement menacé aux USA : la dystopie rattrape la réalité

Depuis plusieurs mois, plusieurs États, aux USA, restreignent à tour de rôle l’accès à l’avortement. La soupape de sécurité de ce droit fondamental ? L’arrêt « Roe contre Wade », qui a acté en 1973 que le droit à l’avortement est garanti partout aux États-Unis. Mais aujourd’hui cette jurisprudence pourrait disparaître. Plongée dans une dystopie qui n’a rien d’une fiction.

Article-Edito par Jessica Martinez, le 06.05.22

Quand je vois passer les gros titres mardi matin, je pense d’abord que « The Handmaid’s Tale », célèbre série dystopique que je suis en train de binge-watcher, me monte à la tête. Car sur mon ordinateur, sur mon téléphone, à la télévision, partout, s’affiche ce titre : « États-Unis : la Cour Suprême prête à annuler le droit à l’avortement ».

Nous sommes le 3 mai 2022 et je me dis que c’est impossible. Que quelqu’un.e, dans une rédaction, s’est forcément trompé.e. J’ouvre malgré tout un des articles et dès les premiers mots, je sens ma gorge se contracter. Le média Politico dit s’être procuré un document interne, « l’avant-projet d’une décision majoritaire » de la Cour Suprême, évoquant clairement la fin du droit à l’avortement. Quelques lignes plus loin, la dystopie devient réelle : la Cour Suprême confirme l’authenticité de la note ayant fuité.

Le texte, daté du 10 février 2022, est rédigé par le juge conservateur Samuel Alito. Il y est inscrit noir sur blanc que l’arrêt « Roe contre Wade », jurisprudence qui acte depuis 1973 que la Constitution des États Unis protège le droit des femmes à avorter, est « totalement infondé dès le début ». Et la note va plus loin. « La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d’interdire l’avortement », qui « constitue une question morale profonde » et « n’est pas profondément enraciné dans l’histoire et les traditions de la nation ». Je suis sidérée. Nous sommes en 2022, 49 ans après que le droit à l’avortement ait été reconnu sur le sol américain par cette jurisprudence, et ce droit est remis en question. Qui plus est, dans un texte signé de la main d’un homme.

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