C., 27 ans (Elle)

” C’est arrivé aux dernières vacances de Noel. Je sais qu’avec ma sœur, on est très proches, mais c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que je ne savais plus trop ce qui se passait dans sa vie ces dernières années.

Il faut dire que j’avais 12 ans quand elle est née. En plus de l’écart d’âge, il y a la distance, car on ne vit plus dans la  même ville. Comme elle a 16 ans, je me suis dit que ce serait bien qu’on parle ensemble d’histoires d’amour et de sexualité. Et surtout, surtout,  j’avais envie de lui parler de consentement : « C’est  important que tu saches que tout ce que tu fais, il faut que tu aies vraiment envie de le faire. Dans tous les champs de ta vie. Mais surtout dans ces domaines-là. Et c’est ok si parfois tu penses que tu as envie d’un truc, et finalement… Non ! C’est ok à tout moment d’arrêter. »

Je sais pour l’avoir vécu, ce qu’on a tendance à se dire à son âge : « IL FAUT que je vive telle ou telle expérience ». Donc on a tendance à se précipiter, même si on n’est pas tout à fait prêt. Dans ma famille, ado, je ne me sentais pas à l’aise pour poser des questions sur la sexualité, mais on en a besoin, on se pose tellement de questions. Je ne lui ai pas fait la morale. J’ai simplement partagé mon expérience. Et dit que la conversation serait toujours ouverte, qu’on pourrait toujours en parler ensemble, sans tabous. Je ressentais une responsabilité envers elle, de ne pas rater ce moment-là de sa vie.

 

Ma sœur était super contente, je pense d’ailleurs que ça nous a rapprochées. Comme on ne se voit pas souvent, on n’a pas l’habitude de se confier l’une à l’autre. Là, je sens que ça a débloqué un truc entre nous. D’ailleurs à la fin de cette conversation, elle m’a dit « Tu sais, toi aussi tu peux  m’appeler et me parler quand tu as envie. ». C’est là que j’ai pris conscience qu’on n’était pas seulement sœurs, mais aussi confidentes. Qu’on pouvait se confier, comme
entre ami.e.s.”
 
 
 
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